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Erwan la force pas si tranquille

J’ai envie de rendre hommage à mon ami Erwan à travers ce portrait car il fut pour moi plus qu’un simple ami de voyage, il fut un véritable frère complice. Moitié américain / moitié philippin, Erwan me raconte qu’il en est à son seizième cours de méditation Vipassana et qu’il compte bien continuer ainsi chaque année! Depuis quinze ans, il médite aussi deux heures par jour et me donne l’impression d’être une véritable force tranquile, toujours calme et confiant, toujours rassurant et heureux. Il semble avoir trouvé sa recette pour être en paix…

Plein d’humour, il se transforme rapidement en mon coéquipier de chaque instant, que ce soit pendant la semaine que j’ai passé à Pisac dans la Vallée Sacrée après mon cours Vipassana au Pérou ou bien à Arequipa, autre ville où nous nous retrouverons quelques jours plus tard.
Ces dix dernières années, Erwan a vécu tour à tour en Corée, en Mongolie, en Inde puis il a récemment decidé de changer de continent pour s’atteler à l’Amérique Latine. C’est un solitaire aguerri qui aime pourtant le contact humain, à ses heures… Nous rions beaucoup, savourons ensemble la gastronomie locale, faisons de grandes promenades à pied, nous conversons pendant des heures sur le monde, nos sociétés, le genre humain, notre entente est facile, sincère, sans ambiguïté.
Le dernier soir avant mon départ le lendemain pour le Chili, une petite brèche se fissure soudainement dans ce roc solide qu’est mon ami aux yeux de tous. Il s’ouvre à moi et me fait part d’une récente désillusion amoureuse et de ses sérieux doutes sur la possibilité d’arriver un jour à être heureux à deux. Je suis abassourdie d’écouter mon ami se livrer si intimement, je m’étais naïvement convaincue qu’il était un ascète à l’abris de ces petites tribulations humaines! Je le découvre merveilleusement humain, en proie à des tourments bien légitimes sur l’essence même de sa vie, il se questionne sur le sens de cette décennie qu’il vient de passer loin de chez lui, et son envie d’arrêter son errance pour bâtir de nouveaux repères.

Je réalise à cet instant le sens profond de l’intemporalité qu’est la vie, la fragilité inhérente à l’être humain, même le plus zen de tous. Aucune recette miracle n’existe et la quête “illusoire” d’un bien être constant me paraît soudain un véritable contresens à ce qu’est la nature de l’homme.
Je remercie ce voyage d’avoir mis sur mon chemin tous ces êtres me permettant de grandir en tolérance et d’intégrer un peu plus chaque jour la complexité de ce qu’est au fond la contradiction humaine.

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