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Mes 4 jours avec les surfeurs “cools”

Mes 4 jours avec les surfeurs “cools”

Alors voilà, après une escale de plusieurs jours dans la charmante île d’Ometepe (que je recommande si vous aimez les dadas en liberté, les trecks sur les volcans, vous baigner dans l’eau douce pas loin des requins Bouledogues…, et surtout buller dans un joli cadre…), je décide d’aller rejoindre le temps d’un weekend prolongé mon ami Nathan qui voyage egallement en solo en Amérique centrale. Il a un copain qui fait partie des surfeurs et m’introduit au groupe…
Me voici donc plongée dans l’univers des “in”, ceux qui sont cool ou veulent le paraître, qui boivent des tequilas dès 11:00 du matin sur fond de musique lounge en bord de plage. Ils sont pleins aux as, vivent à New York, et ont 10 petits jours pour déconnecter, s’éclater, et fuir le froid!
Extrait de ma première rencontre avec Gregg, l’ami de Nathan, qui fait du surf pendant ses vacances:
- Gregg, je te présente mon amie Bénédicte qui voyage pour un an en Amérique latine.
- hi, me lance t’il sans même un regard (il est cool n’oublions pas!). Puis il se tourne vers Nathan et lui raconte (je traduis de l’anglais):
- j’suis démonté, on a fait la bringue tard hier soir et on a pris des extas. Et j’ai baisé ma meuf toute la nuit (clin d’œil complice à Nathan), j’ai mal partout… Qu’est-ce qu’elle a pris, j’te raconte pas!
Bah non, ne nous racontes pas alors…
Je tente de créer un dialogue:
- alors il paraît que tu es chef à NY?
Sans même un regard, il répond par un bruit ressemblant à un oui, puis il reprend à l’égard de Nathan:
- elle ma saoulé ma meuf ce matin au réveil, j’sais pas c’qu’elle a, elle a pas aimé me voir gerber…
Rire gras…
Il continue:
- cool de te voir man, merde j’suis déchiré…
Et là il lâche un rot parfumé à la bière, mmm de mieux en mieux, je suis passionée par cette conversation…
Silence gêné de la part de mon ami, je retente une dernière:
- et tu restes combien de temps ici?
L’air ennuyé, avec ses doigts, il me montre le chiffre 4.
Ahhh, 4 jours, c’est fou comme je me sens à ma place là!
Il continue, toujours dans la même verve:
- j’suis saoulé, je me suis engagé à cuisiner pour tout le monde ce soir (nous serons 45 et Nathan et moi sommes conviés) j’suis défoncé j’ai pas envie, et ma gonzesse qui tire la gueule…
Sur ce, il se lève prend sa planche de surf et part défier les vagues, je le vois marcher de dos, il a l’allure, la démarche et la taille de Tom Cruise, ça me fait doucement rire… Mais comme il est “in”, je vois débouler une bombe atomique style Gisèle Bundchen, c’est sa petite amie, une tête de plus que lui, planche de surf sous le bras aussi, direction la mer.
Je m’amuse à les observer au loin, ils sont une bonne trentaine à rester là, sans bouger en attendant soi disant la bonne vague, mais en réalité seuls 2 ou 3 d’entre eux surfent vraiment, les autres papotent, allongés sur leur planche, pendant d’interminables après-midi…
Donc c’est ça le style surf? Je me promène avec ma planche car c’est tendance d’être un surfeur, je bois de la tequila jour et nuit et je me déhanche en disant des “yes man”, des “year good vibe baby”? Je sens que la soirée va être passionnante…
Le soir arrive et me voici plongée au milieu de tous ces gens, beaux et cools, venus dépenser leur argent dans ce coin perdu du Nicaragua, sans aucune curiosité pour sa culture, ce pays superbe…
je dois admettre que le repas est un délice, mais les conversations sont, comme on s’en doute, plutôt creuses, à tel point que j’en ressors avec une sensation de vacuité qui me colle à la peau.
Ces quelques jours avec avec cet univers me font l’effet d’une essoreuse, quand je quitte San Juan Del Sur pour me rendre à la ville de León, je suis épuisée et pleine de doutes sur l’intérêt de mon voyage, une telle superficialité pendant si peu de temps, et j’ai complètement perdu mon cap! Pendant 3 jours, je décide de m’isoler complètement pour me retrouver, ça me fait un bien fou… C’est là que je me rends compte qu’il y a une vraie césure entre être un touriste vacancier, et être un voyageur longue durée…
Je réalise aussi, en souriant, que je ne suis définitivement pas une fille “in”, tant pis, ou tant mieux!

imageContraste…

imageCohabitation

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